Les ambitions internationales de l’Université de Montréal et le rôle des étudiants étrangers dans sa diplomatie culturelle (1930-1968)
Contenu principal de l'article
Résumé
Des années 1920 aux années 1960, alors que la francophonie mondiale émerge des ruines de l’empire colonial français, les universités québécoises sont appelées à jouer un rôle croissant dans la diplomatie culturelle. Au coeur de cette diplomatie se trouvent les étudiants étrangers, acteurs méconnus dans l’essor des ambitions internationales des universités. Nous étudions ici le cas de l’Université de Montréal en repérant les étapes de cet essor qui amène les universitaires à s’intéresser d’abord à l’Amérique française et à l’Amérique latine, et ensuite à l’Asie et à l’Afrique. Grâce à des initiatives d’aide internationale telles que le plan de Colombo (1950), l’Université cherche à se poser comme phare de la francophonie et comme option par rapport à la France. La mission civilisatrice qu’elle se donne la met à l’avant-garde du processus d’autonomisation culturelle du Québec et génère en retour une posture qui révèle et engendre des préjugés culturels, des représentations orientalistes et des attitudes ambivalentes par rapport à l’altérité.